Vendredi 8 septembre 2006
Le 1er juillet 1794, deux Acadiennes furent guillotinées pour leur foi à Brest en France. Anne Prince (Le Prince) veuve de Sylvain Leblanc, née en 1721, en Acadie et sa fille Anastasie Leblanc née en 1760. Elles ont été accusées d'avoir caché des prêtres catholiques. Leurs noms furent dans la liste des martyrs de Quimper. (c.f. Revue des Saints, Bonne presse, mai 1929) Tiré de:L'Acadie vivante, p.115
Par Albert Dugas - Publié dans : Anecdotes
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Jeudi 7 septembre 2006
Pierre Dugua  
 
 
Pierre Dugua est né vers 1558 (?) en Saintonge, probablement à Le Gua. Il était le fils de Guy Dugua et de Claire Goumard; son grand-père paternel était Loubat Dugua. Il épousa en mai 1597, Judith Chesnel, une catholique de noble famille née au château de Meux. Ils n'eurent pas d'enfant.
 
Calviniste, à partir de 1582, de Mons se distingua en luttant sous la bannière d'Henri de Navarre, contre la Ligue catholique. Par la suite, le roi lui octroya une pension annuelle de 1 200 couronnes et le poste de gouverneur de la ville de Pons, en Saintonge, en reconnaissance de ses services éminents.
 
Explorateur, traitant, gouverneur d'Acadie, fondateur du premier établissement permanent du Canada, de Mons semble avoir fait plusieurs voyages au Canada pendant les dernières années du XVIe siècle dont l'un avec l'expédition de Pierre Chauvin de Tonnetuit à Tadoussac en 1600. La France s'intéressait alors de plus en plus au Canada comme colonie de peuplement aussi bien que d'exploration. Par suite du mauvais état des finances royales, on abandonnait ce genre d'entreprise à des particuliers selon une entente en vertu de laquelle ils devaient fonder des établissements en Nouvelle-France en échange du droit exclusif à la traite avec les Indiens. On avait fait que très peu de tentatives d'établissement jusqu'à de Mons et toutes avaient échoué. En 1603, de Mons acceptait du roi, le même privilège de la traite contre l'obligation d'établir de colons. Au terme de sa commission, il recevait le titre de lieutenant général « des côtes, terres et confins de l'Acadie, du Canada et autres lieux en Nouvelle-France » pour y établir 60 colons par an et gagner les Indiens à la foi chrétienne.
 
Préparation de l'expédition
 
De Mons se mit immédiatement à organiser une compagnie de traite. Le 8 février 1604, voyait le jour une compagnie puissante au capital de 90 000. Ayant ainsi le moyen d'équiper une expédition, de Mons fit affréter des navires, acheta les approvisionnements nécessaires et recruta des participants aussi bien protestants que catholiques. C'était des hommes de métiers très divers auxquels s'étaient joints plusieurs nobles et deux ministres du culte, l'abbé Nicolas Aubry et un pasteur. De Mons invita à s'embarquer avec lui Samuel de Champlain, qui agit dans ce voyage comme géographe et cartographe.
 
Printemps 1604
 
Au début du printemps 1604, de Mons expédia trois navires pour faire la traite des fourrures dans le Saint-Laurent. En même temps, on hâtait l'affrètement des deux navires dont lui-même et son groupe allait se servir pour explorer et coloniser. Le premier de ces navires quitta le Havre-de-Grâce (Le Havre) le 7 mars, à en croire Lescarbot, commandé par François Gravé Du Pont et piloté par le capitaine Timothée. De Mons suivit dans le navire du capitaine Morel le 10 mars. Il arriva le 8 mai au cap de La Hève (La Have) sur la côte de la Nouvelle-Écosse.
 
 
Port-au-Mouton
 
Alors qu'il explorait une baie avoisinante, un des moutons, tombé à la mer, s'y noya, ce qui porta de Mons à nommer cet endroit Port-au-Mouton. De Mons décida d'y rester tandis que son secrétaire Jean Ralluau et Champlain exploraient la côte au sud de la baie Française, dans une chaloupe du navire. Au retour des deux hommes, on mena le navire à la baie Sainte-Marie, à l'entrée de la baie Française, où on le laissa encore une fois, tandis que de Mons et Champlain exploraient ces eaux inconnues. Ravis du pays dont ils exploraient la côte, de Mons et Champlain aimèrent particulièrement la magnifique région connue maintenant sous le nom de bassin d'Annapolis.
 
Les explorateurs continuèrent à remonter la baie, à la recherche d'un emplacement pour leur colonie et d'un gisement de minerai que Jean Sarcel de Prévert avait signalé dans cette région l'année précédente. C'est ainsi qu'ils arrivèrent à Chignictou (Chignecto), puis se dirigèrent vers l'Ouest pour longer la rive du Nouveau-Brunswick. Le 24 juin, ils entrèrent dans l'embouchure d'un grand fleuve qu'ils nommèrent le Saint-Jean, en l'honneur du saint dont c'était la fête ce jour-là. La crainte des Indiens les incitèrent à rechercher, pour s'établir, un endroit qui fût facile à défendre. Ils continuèrent donc vers l'Ouest le long de la côte, puis traversèrent la baie de Passamaquoddy où ils pénétrèrent dans un fleuve, pour arriver, probablement le 26 juin, à une île que de Mons et ses compagnons jugèrent apparemment convenir à leur premier établissement.
 
Fondation à l?île Sainte-Croix
 
L'île Sainte-Croix, Dochet Island, ainsi qu'on la nomma par la suite, fut choisie à cause de sa situation centrale, de son excellent mouillage et parce qu'elle était facile à défendre. De plus, il restait peu de temps pour les préparatifs de l'hivernage. Le travail commença presque tout de suite et avança à une allure qui dénote la minutie des préparatifs que de Mons avait faits en France ainsi que la vigueur avec laquelle il dirigeait ses hommes. D'après un plan dressé par Champlain, on construisit une douzaine des maisons autour d'une cour, réunies à certains endroits par une palissade de sorte que l'ensemble ressemblait à un fort. Ces maisons furent bâties en partie avec du bois apporté de France. L'établissement contenait même une chapelle catholique.
 
Tandis que les travaux de construction allaient de l'avant, on aménagea la terre ferme en face. On y sema le premier blé à être récolté en Nouvelle-France. La saison était déjà avancée, de sorte que les récoltes durent être assez pauvres cette première année. Il en résulta une situation d'autant plus grave que l'hiver se révéla exceptionnellement dur. La première neige tomba le 6 octobre 1604 et l'on dit qu'elle avait encore de trois à quatre pieds d'épaisseur à la fin avril. Le fleuve était tellement encombré de glace qu'il était impossible de le traverser. Les vives et l'eau potable manquaient. Presque la moitié des hommes moururent du scorbut.
 

Le printemps arriva enfin et avec son arrivée, la fin des misères de l'hiver. Des navires venus de France apparurent avec 40 hommes à leur bord et du ravitaillement. De Mons décida de déménager le campement. Les hommes démontèrent les maisons et les transportèrent par bateau au bassin d'Annapolis pour y élever l'habitation dePort-Royal. Ayant mis les travaux bien en place, de Mons se prépara à passer en France car des nouvelles annonçaient que les finances de sa compagnie étaient en mauvais état. Il partit pour la France en septembre 1605 emmenant avec lui tous les survivants du premier hiver sauf Fougeray,Champdoré et Champlain. La traversée dura 31 jours. Le 6 mai 1606, il envoya en Acadie un navire chargé d'approvisionnement et un nouveau groupe d'hommes. À Port-Royal, Gravé Du Pont était tout heureux de signaler le succès obtenu avec la culture du blé et des légumes du potager.

 Au printemps de 1607, de Mons apprenait que le roi annulait le privilège dont il jouissait. Heureusement qu'il réussit à persuader ce dernier de prolonger le monopole pour une autre année. Il organisa une nouvelle expédition et en retira quelques bénéfices. Avec Champlain il réussi en 1608, à fonder l'établissement de Québec aussi bien comme poste de traite que comme base d'exploration vers l'Ouest.
 
Pendant la saison de 1611 de Mons expédia en France une cargaison de chêne, ce fut le premier
bois d'oeuvre exporté du Canada.
 
Malgré l'apport important de Pierre Dugua, sieur de Mons, dans la fondation de l'Acadie et de Québec, les historiens n'ont pas rendu justice à cet homme énergique et courageux qui avait donné le meilleur de lui-même pour assurer qu'une Nouvelle-France survive en Amérique. C'est grâce à lui que Champlain put poursuivre son oeuvre.
 
En voulant rendre hommage aux hommes décédés durant le premier hiver et en même temps à Pierre du Gua, Sieur de Mons, Lescarbot écrit dans la dédicace de son Adieu à la France (1606) :
 
 Ile, je te saluë, île de Saincte Croix
Ile, premier séjour de nos pauves François?
Je révére?.
Les cendres odorans, que sont à ton côté?
Tes Jardins étouffez parmi la nouvelle herbe.
Mais, j'honore surtout à cause de nos morts
Le lieu qui sainctement tient en dépôt leurs corps.
 
Et à De Monts :
 
De Monts, tu es celui de qui le haut courage
A tracé un chemin à un si grand ouvrage:
Et pour ce de ton nom malgré l'effort des ans
La feuille verdoyra d'un éternel printemps.
 
 
 
Pierre Dugua, sieur de Mons, mourut dans l'oubli et peu fortuné au château d'Ardenne, à Flanc-sur-Seugne (Charante-Maritime) le 22 février 1628. Son épouse lui survit dix ans et fut enterrée dans l'église de Saint-Eutrope à Saintes.
Blason de Pierre Dugua
À l'entrée de « l'habitation de Port-Royal » on retrouve le blason de Pierre Dugua. L'estoille et un croissant d'argent en champs de gueules et une bande d'or par milieu. Sous le blason on relève la devise : « Dabit Deus his quoque finem. »(Dieu leur accorda cette terre.)

 

 
 

 
           
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Par Albert Dugas - Publié dans : Histoire
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